Les plantes aquatiques sont des végétaux de grande dimension (taille macroscopique) qui possèdent des feuilles, une tige, des racines et de véritables vaisseaux. Les plantes aquatiques sont généralement enracinées dans les sédiments de la zone littorale des plans d’eau. Il ne faut pas confondre les plantes aquatiques avec les algues qui sont dépourvues de véritables feuilles, tiges et racines.

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Les rôles des plantes aquatiques
Les plantes aquatiques sont essentielles à la santé de l’écosystème aquatique. Il est donc tout à fait normal et nécessaire d’avoir des plantes aquatiques dans son lac. Elles y jouent plusieurs rôles dont:

  • Filtrer les particules en suspension;
  • Capturer des éléments nutritifs présents dans l’eau et les sédiments;
  • Stabiliser les sédiments du littoral;
  • Réduire l’érosion des rives;
  • Fournir un habitat et de la nourriture pour différentes espèces fauniques.

Cependant, comme pour la santé humaine, tout est question de quantité et de qualité. Ainsi, une forte densité de certaines plantes aquatiques révèle des apports excessifs en nutriments qui eutrophisent prématurément le lac. Différentes activités dans le bassin versant contribuent à cette dégradation, notamment, les épandages d’engrais et de fumier à proximité du plan d’eau, les rejets des installations septiques domestiques, commerciales ou municipales non conformes, l’artificialisation des rives, ainsi que les coupes forestières excessives.

Donc, ce n’est pas la plante qui est le problème, c’est la plante qui peut indiquer qu’il y a un problème!

Comment éviter la prolifération des plantes aquatiques dans mon plan d’eau?
Tout comme les plantes terrestres, les plantes aquatiques requièrent un sol fertile pour se développer. La stratégie à adopter consiste donc à éviter de leur fournir un tel sol :

  • En réduisant les apports en sédiments fins (contrôle de l’érosion des rives et des tributaires);
  • En réduisant les apports en nutriments (phosphore et azote).

Pourquoi ne faut-il pas arracher les plantes aquatiques?
C’est inutile et néfaste pour l’écosystème d’arracher les plantes aquatiques. En fait, cette action:

  • N’empêche pas une future repousse;
  • Provoque une croissance accrue des algues;
  • Facilite la dispersion des espèces envahissantes;
  • Perturbe l’habitat aquatique;
  • Ne règle pas le problème à la source!

Les différents groupes de plantes aquatiques
On peut diviser les plantes aquatiques en trois grands groupes:

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Description des espèces de plantes aquatiques

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ALGUES CHARA ET NITELLA
Les algues Chara et Nitella sont belles et bien des algues même si elles ressemblent à première vue à des plantes aquatiques. En effet, malgré leur taille d’environ 30 cm, les espèces du groupe des algues Chara et de celui des algues Nitella sont dépourvues de véritables racines, nervures, tige et feuilles comme toutes les autres algues. Ces algues ne forment pas de véritables fleurs et se reproduisent à partir de spores jaunes. On les reconnaît aussi à l’odeur typique de la moufette que nombreuses d’entre elles dégagent. L’identification des espèces d’algues Chara et Nitella requièrent habituellement un examen en laboratoire, c’est pourquoi nous les avons traitées conjointement. Ces algues ont l’allure de petites branches grêles et plusieurs fois divisées. Selon nos observations, ces algues peuvent former, à différentes profondeurs, un tapis vert fluorescent à noir.

 

(JPG)BIDENT DE BECK (MEGALODONTA BECKII)
Le bident de Beck se retrouve principalement dans les marais et, plus rarement, dans les lacs et les rivières où elle y croît en solitaire ou par très petites colonies (Marie-Victorin, 1995). Son apparence similaire à celle d’un myriophylle trompe plus d’un botaniste amateur. En fait, cette espèce porte des feuilles immergées aussi finement découpées que des cheveux et disposées en éventails tels les myriophylles. Cependant, on distingue aisément le bident lorsque ses feuilles émergées triangulaires, cireuses et charnues au toucher sont présentes. Ses très rares petites fleurs jaunes rappellent la marguerite et dégagent un parfum fruité. Le bident fréquente uniquement les eaux riches en éléments nutritifs (mésotrophe ou eutrophe) où il n’est qu’exceptionnellement une des espèces dominantes (Fleurbec, 1987). Pouvant atteindre une taille d’un mètre de haut, cette espèce croit préférentiellement sur un fond vaseux entre un et trois mètres de profondeur.

 

(JPG)BRASÉNIE DE SCHREBER (BRASENIA SCHREBERI)
La brasénie de Schreber est une plante aquatique flottante qui croît en colonies parfois envahissantes dans quelques lacs dispersés du Québec (Marie-Victorin, 1995). On la distingue facilement par ses feuilles entières elliptiques attachées en leur centre par une queue. Cette espèce se caractérise aussi par un épais mucilage gélatineux et gluant qui enveloppe ses parties submergées. Elle possède quelques petites fleurs beige rosé. La brasénie s’enracine dans les sédiments vaseux des secteurs tranquilles et abrités. Elle pousse dans un ou deux mètres d’eau, tant dans les lacs oligotrophes qu’eutrophes (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)CORNIFLE NAGEANTE (CERATOPHYLLUM DEMERSUM)
La cornifle nageante est une plante aquatique submergée dépourvue de racines, en forme de serpentins rampants (autour d’un mètre de long) similaires à ceux du myriophylle à épi. Ses feuilles filiformes, raides et se terminant en deux ou trois pointes fourchues lui est caractéristique. En plus de sa reproduction sexuée, la cornifle produit des hibernacles (bourgeons) qui se détachent à la fin de la saison de croissance et se développent, le printemps suivant, en un nouvel individu. Cette espèce colonise principalement les fonds vaseux des eaux stagnantes des étangs et des lacs tranquilles. On peut la retrouver jusqu’à huit mètres de profondeur, mais elle prise particulièrement les secteurs de deux à quatre mètres (Marie-Victorin, 1995).

 

(JPG)ÉLODEES DU CANADA ET DE NUTTALL (ELODEA CANADENSIS ET E. NUTTALLII)
L’élodée du Canada est une plante aquatique submergée commune dans nos régions. Cette plante mesure généralement moins d’un mètre et croît en colonies souvent très denses et étendues. Elle possède de nombreuses petites feuilles vert foncé ainsi que de minuscules fleurs blanchâtres qui flottent à la surface de l’eau au bout d’une longue queue. Pour sa part, l’élodée de Nuttall possède des feuilles plus pâles et plus pointues. De plus, ses fleurs mâles n’ont pas de queue et fleurissent sous l’eau à l’aisselle des feuilles (Marie-Victorin, 1995). Les deux élodées colonisent les eaux tranquilles des lacs et des étangs. Elles s’enracinent préférentiellement dans un à trois mètres d’eau, mais s’adaptent aussi à des secteurs plus profonds. Elles s’installent sur divers substrats, mais principalement sur la vase ou le sable. Elles tolèrent différents degrés d’eutrophisation. Finalement, l’élodée du Canada, généralement considérée moyennement limitante, possède un potentiel d’envahissement élevé, étant donné qu’elle peut se multiplier par drageonnement et par bouturage (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)ÉRIOCAULON SEPTANGULAIRE (ERIOCAULON SEPTANGULARE)
L’ériocaulon est une plante aquatique submergée commune au Québec. Cette espèce se caractérise par ses feuilles triangulaires disposées en rosette à la surface du sol. Ses nombreuses et minuscules fleurs sont disposées au bout d’une longue queue qui émerge de l’eau et qui rappelle une broche à tricoter. Cette plante, haute de quelques centimètres, colonise essentiellement les eaux tranquilles et peu profondes (moins d’un mètre) des lacs et des rivières, quoique nous l’ayons déjà observé à de plus grandes profondeurs. Elle vit typiquement sur un substrat de gravier ou de sable dans les lacs oligotrophes (Fleurbec, 1987). L’ériocaulon  limite très peu les activités humaines.

 

(JPG)HETERANTHERE LITIGIEUSE (H. DUBIA) ET POTAMOT ZOSTERIFORME (P. ZOSTERIFORMIS)
L’hétéranthère litigieuse est une plante aquatique vivace dont les tiges et les feuilles sont longues et aplaties comme d’étroits rubans souples. Elle produit de petites fleurs jaunes qui flottent à la surface de l’eau. En l’absence de fleurs, cette espèce est souvent confondue avec le potamot zostériforme (Potamogeton zosteriformis) lui aussi indigène. L’oeil averti du botaniste distinguera la nervure centrale ainsi que la pointe aiguë des feuilles du potamot zostériforme. On retrouve ces deux espèces en compagnie de l’élodée du Canada dans les zones tranquilles des eaux mésotrophes ou eutrophes à une profondeur variant d'un à trois mètres (Fleurbec, 1987). Communes dans nos régions, elles croissent toutes deux préférentiellement dans les fonds vaseux des zones tranquilles des lacs, des étangs et des rivières tranquilles (Agriculture Canada, 2004).

 

(JPG)ISOETE A SPORES EPINEUSES (ISOETES ECHINOSPORA)
L’isoète est une plante aquatique submergée, commune dans notre région, qui mesure à peine une dizaine de centimètres. Ses feuilles linéaires se rassemblent en rosette à la surface du sol, lui conférant l’apparence d’une petite touffe d’herbe. On la reconnaît aussi à ses minuscules spores blanchâtres à la base de chacune de ses feuilles. Les isoètes habitent, de façon typique, les lacs oligotrophes où elles croissent sur divers substrats à des profondeurs variées (Marie-Victorin, 1995).

 

(JPG)LOBÉLIE DE DORTMANN (LOBELIA DORTMANNA)
La lobélie est une plante aquatique submergée fréquente dans tout le Québec (Marie-Victorin, 1995). Cette petite plante, autour de 30 cm, vit en colonies peu denses et généralement peu limitantes. Ses petites feuilles, charnues et cylindriques, croissent en rosette à la surface du sol, tandis que ses petites fleurs bleues émergent hors de l’eau au bout d’une tige. Elle croît sur les fonds de sable et parfois de gravier, essentiellement dans les zones ayant moins d’un mètre de profond. Les eaux claires et pauvres en matière organique constituent son habitat préféré (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)JONCS (JUNCUS SP.), GRAMINEES (GRAMINEUS SP.) ET SCIRPES (SCIRPUS SP.)
Ces trois familles comprennent plusieurs espèces qui sont largement répandues sur le territoire québécois (Marie-Victorin, 1995). Il s’agit de plantes herbacées qui poussent en colonies. Ces plantes s’installent sur la terre ferme ou bien dans la zone littorale des lacs et des milieux humides. On les retrouve habituellement à moins d’un mètre de profondeur où ils participent à stabiliser la rive. On reconnaît les joncs à leur tige cylindrique et nue et à leurs fleurs rassemblées en un bouquet qui semble attaché sur le côté de la tige. Pour leur part, les graminées se distinguent par leur tige cylindrique et creuse munie d’une gaine enveloppante (comme chez les poireaux). Quant à eux, les scirpes possèdent de petits épillets bruns.

 

(JPG)MYRIOPHYLLE À EPI (MYRIOPHYLLUM SPICATUM)
Le myriophylle à épi est une grande plante aquatique submergée, très commune au Québec et au Vermont, qui croît en colonies souvent très denses (Fleurbec, 1987). Il s’agit d’une des cinq plantes introduites occasionnant le plus d’impacts environnementaux et le plus de limitations d’usages au Canada (MENV, 2002). Ce myriophylle ressemble à de longs serpentins munis de feuilles découpées finement comme des plumes et disposées en cercle autour des tiges. Une fois enracinée dans le fond de l’eau, cette espèce pousse jusqu’à la surface où elle se ramifie abondamment créant ainsi des mattes denses. Ses petites fleurs, blanches ou rouges, et ses fruits brun foncé se réunissent en épi dressé à l’extérieur de l’eau. Le myriophylle à épi possède un grand potentiel d’envahissement compte tenu de sa croissance rapide et de sa diversité de modes de reproduction. Cette espèce peut se reproduire d’une part en formant des graines et des hibernacles (bourgeons axillaires qui se détachent du plant et génèrent d’autres individus). D’autre part, de nouveaux individus peuvent se développer à partir des racines d’un plan (phénomène de drageonnement). De même que chaque fragment de la tige peut se détacher, s’enraciner et générer un autre spécimen (phénomène de bouturage). Le bouturage, son principal mode de multiplication, explique son potentiel élevé d’invasion. Le bouturage survient de façon naturelle, par l’action des vents et des vagues, mais est grandement accentué par le passage des embarcations. Le myriophylle à épi peut croître dans divers types de sédiments (gravier, sable, vase et débris végétaux) et à des profondeurs variant de quelques centimètres à plusieurs mètres d’eau (Fleurbec, 1987). De plus, cette plante supporte les niveaux les plus élevés d’eutrophisation. Par sa croissance rapide, dès les premiers jours du printemps, le myriophylle à épi crée de l’ombre pour les autres espèces de plantes submergées et limite ainsi leur croissance. Les herbiers de myriophylle sont reconnus pour atteindre une telle densité qu’ils tendent à déloger toutes les autres espèces (Environnement Canada, 2003). Ainsi, l’envahissement par cette plante réduit la diversité de la végétation et, par conséquent, celle de la faune, notamment celle des poissons intéressants pour la pêche sportive.

 

(JPG)MYRIOPHYLLE À FLEURS ALTERNES (MYRIOPHYLLUM ALTERNIFLORUM)
Le myriophylle à fleurs alternes ressemble à son frère à épi. Il est cependant plus petit et beaucoup moins envahissant. On le retrouve plutôt disséminé dans quelques lacs québécois, surtout dans les régions plus froides. Cette plante aquatique submergée forme de petits serpentins qui couvrent habituellement le fond des zones profondes et peu lumineuses des lacs et des rivières (Marie-Victorin, 1995). À la suite de nos observations, nous considérons cette plante peu limitante pour les activités humaines.

 

(JPG)MYRIOPHYLLE GRELE (MYRIOPHYLLUM TENELLUM)
Le myriophylle grêle est une plante aquatique submergée retrouvée occasionnellement dans les Cantons de l’Est. Ce myriophylle se caractérise par de petites tiges fines presque dépourvues de feuilles. Cette plante, peu envahissante, habite les rivages peu profonds et sablonneux des lacs, des rivières et des étangs.

 

(JPG) NAÏAS SOUPLE (NAJAS FLEXILIS)
Le naïas souple est une plante aquatique submergée de petite taille, 2 à10 cm de hauteur, très commune dans les eaux douces de notre région (Marie-Victorin, 1995). On reconnaît cette espèce à son allure buissonneuse densément garnie de petites feuilles triangulaires. Ses fleurs et ses fruits sont à peine visibles. Selon nos observations, le naïas s’enracine dans les substrats sablonneux, graveleux ou vaseux à différentes profondeurs. En fait, il peut s’installer dans quelques centimètres à plusieurs mètres d’eau pourvu que la lumière y pénètre.

 

(JPG)NÉNUPHARS (N. MICROPHYLLUM, N. VARIEGATUM ET N. RUBRODISCUM)
Les nénuphars sont des plantes aquatiques flottantes fréquentes dans les eaux tranquilles des lacs, des rivières et des tourbières. Les trois espèces québécoises sont dotées d’une grande taille et vivent toutes en colonies. Le grand nénuphar jaune possède des feuilles et des fleurs plus grandes que son frère, moins abondant, le petit nénuphar jaune. Le nénuphar à disque rouge est quant à lui considéré, par plusieurs, comme un hybride des deux autres. On aperçoit de loin leurs grandes feuilles en forme de cœur ainsi que leurs magnifiques fleurs jaunes qui flottent sur l’eau. Les nénuphars possèdent aussi des feuilles submergées disposées en rosette à la base du plant. On les retrouve habituellement à une profondeur de 0,5 à 1,5 m. Ils apprécient plus particulièrement les fonds vaseux des eaux oligotrophes, sans pour autant renier les eaux eutrophes (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)NYMPHEAS (NYMPHAEA ODORATA ET NYMPHAEA TUBEROSA)
La beauté des fleurs blanches des nymphéas ne laisse personne indifférent. Le nymphéa odorant est abondant dans nos régions, tandis que le Nymphéa tubéreux y est moins fréquent. Tous deux mesurent autour de 50 cm de haut et possèdent de larges feuilles flottantes circulaires, cireuses et fendues sur près de la moitié de leur longueur. Parmi les feuilles flottent leurs énormes fleurs blanches au centre jaune. On peut distinguer les deux espèces grâce à la coloration du revers des feuilles, rouge vin chez le nymphéa odorant et vert pâle chez le Nymphéa tubéreux. Comme son nom l’indique et contrairement à son frère, le nymphéa odorant dégage un doux parfum. Les nymphéas s’enracinent dans la vase peu profonde (moins d’un mètre) des secteurs abrités des lacs, étangs et tourbières où ils créent un magnifique tapis flottant. Leurs colonies, parfois très étendues, sont parfois envahissantes.

 

(JPG)PONTEDERIE CORDEE (PONTEDERIA CORDATA)
Cette sublime plante aquatique émergée possède des fleurs violettes et des feuilles en forme de cœur qui lui sont bien caractéristiques. Cette plante, présente dans l’ouest et le centre du Québec, mesure généralement moins d’un mètre. Ses grandes feuilles très douces et cireuses au toucher sont apparemment tendres et agréables au goût. Ses minuscules et nombreuses fleurs, réunies en épi, sont elles aussi comestibles quoique malheureusement éphémères (Fleurbec, 1987). La pontédérie croît en colonies, parfois très denses, dans les zones peu profondes des lacs et des milieux humides. Elle apprécie particulièrement les sédiments vaseux ou sablonneux.

 

POTAMOTS (POTAMOGETON sp.) L’identification des potamots s’avère un réel défi pour les botanistes autant débutants qu’avertis. En fait, ce groupe comprend un grand nombre d’espèces aux structures minuscules et variables au sein d’une seule espèce. De façon générale, les potamots possèdent deux types de feuilles, des feuilles flottantes coriaces et des feuilles submergées pellucides ainsi que de minuscules fleurs regroupées en épi. Voici un bref survol des principales espèces de potamot recensées lors de notre inventaire :

 

(JPG)POTAMOT À LARGES FEUILLES (POTAMOGETON AMPLIFOLIUS)
Le potamot à larges feuilles est, sans contredit, l’une des plantes indigènes les plus envahissantes de notre région (Carignan, 2003). Cette plante vivace se multiplie abondamment par drageonnement et par bouturage de la tige dans bon nombre de nos lacs et rivières (Agriculture Canada, 2004). On le distingue aisément grâce à ses grandes feuilles submergées rougeâtres et courbées comme une selle de cheval à l’envers. Ses feuilles flottantes ovales et ses épis dressés qui tapissent l’eau sont visibles de loin. Selon nos observations, ce potamot colonise principalement les fonds vaseux à une profondeur de deux à quatre mètres où il croît jusqu’à la surface.

 

(JPG)POTAMOT CRISPE (POTAMOGETON CRISPUS)
Dans certains lacs de la région, ce potamot introduit d’Europe est considéré très envahissant (Agriculture Canada, 2004). En fait, en plus de produire des graines, celui-ci se multiplie rapidement par la formation d’hibernacles (bourgeons qui forment d’autres individus) et par bouturage. Le potamot crispé s’identifie facilement par ses feuilles raides et ondulées telles des lasagnes. Il s’installe essentiellement dans la colonne d’eau de deux à quatre mètres de profondeur des lacs et cours d’eau. Il peut s’adapter à différentes qualités d’eau, même les plus souillées, et peut même venir à bout des toiles de géotextile les plus coriaces.

 

(JPG)POTAMOT DE L’ILLINOIS (POTAMOGETON ILLINOENSIS)
Cette espèce présente également des difficultés d’identification compte tenu de la grande variabilité de ses formes. De plus, elle ressemble particulièrement au potamot graminoïde sauf qu’elle possède des feuilles plus larges n’ayant habituellement pas de pétiole. Ce potamot indigène se retrouve communément dans plusieurs de nos lacs et nos rivières (Agriculture Canada, 2004).

 

 

(JPG)POTAMOT DE RICHARDSON (P.RICHARDSONII), PERFOLIÉ (P.PERFOLIATUS) ET À LONGS PÉDONCULES (P. PRAELONGUS)
Ces trois espèces fréquentes dans notre région ont été regroupées compte tenu de la similitude de leur forme et des hybrides qu’ils forment entre eux. Le plus commun des trois est le potamot de Richardson et ce dernier peut former des colonies denses et étendues. Ces trois espèces indigènes se retrouvent dans les eaux lentes ou tranquilles des lacs, étangs et rivières (Agriculture Canada, 2004). On distingue ces potamots grâce à leurs nombreuses feuilles généralement circulaires ou ovoïdes et d’un vert pomme caractéristique qui entourent directement la tige blanchâtre. Selon nos observations, on les retrouve à deux ou trois mètres de profondeur sur des sédiments fins.

 

(JPG)POTAMOT DE ROBBINS (POTAMOGETON ROBBINSII)
Les denses colonies de ce potamot couvrent le sol de bon nombre de nos lacs (Marie-Victorin, 1995). Ses rigides et linéaires feuilles brunâtres ou rougeâtres sont disposées sur deux rangs de part et d’autre de la tige. Cette plante, à l’apparence d’une plume, mesure environ 50 cm. Son feuillage sert de nourriture pour plusieurs organismes aquatiques. Le potamot de Robbins semble vivre principalement dans les fonds vaseux à différentes profondeurs. Ce potamot détient un potentiel d’envahissement élevé.

 

(JPG)POTAMOT EMERGE (POTAMOGETON EPIHYDRUS)
Ce grand potamot se caractérise par des feuilles submergées longues et munies d’une bande centrale plus claire. Il s’agit de l’un des potamots les plus communs dans nos lacs et de nos rivières. Les colonies de cette espèce s’établissent généralement dans la vase et le sable des secteurs peu profonds (0,5 à 1,5 m) (Marie-Victorin, 1995). Cependant, lors de l’inventaire, nous l’avons remarqué à de plus grandes profondeurs. Cette espèce tolère une grande gamme de qualités d’eau (Fleurbec, 1987). En raison de sa grande taille et de son potentiel de reproduction élevé, cette espèce peut envahir une grande partie de la colonne d’eau.

 

(JPG)POTAMOTS FEUILLE (P. FOLIOSUS) ET NAIN (P. PUSILLUS)
Nous avons regroupé ces deux espèces de potamots puisqu’elles sont si similaires et si variables qu’il est parfois impossible de les distinguer à l’œil nu. De façon générale, on les reconnaît à leurs feuilles submergées petites et linéaires ainsi qu’à leur tige grêle plusieurs fois divisée. Ces deux espèces communes dans nos lacs mesurent habituellement moins d’un mètre de haut et colonisent les eaux tranquilles et peu profondes (Marie-Victorin, 1995).

 

 

(JPG)POTAMOT FLOTTANT (POTAMOGETON NATANS)
Cette espèce constitue le représentant typique des potamots, par ses feuilles flottantes elliptiques et coriaces ainsi que par ses feuilles immergées linéaires et translucides. Le Potamot flottant s’adapte autant aux eaux tranquilles des lacs qu’aux eaux courantes des ruisseaux et des rivières. De plus, il supporte différentes qualités et profondeurs d’eau (Marie-Victorin, 1995).

 

(JPG)POTAMOT GRAMINOÏDE (POTAMOGETON GRAMINEUS)
En raison de ses formes extrêmement variables, l’identification du potamot graminoïde s’avère être une véritable difficulté. Ce potamot indigène compte plusieurs variétés et hybrides qui sont reliés par des formes intermédiaires. De façon simplifiée, nous le reconnaissons à ses feuilles submergées translucides, rougeâtres et lancéolées. Le potamot graminoïde se retrouve un peu partout dans les eaux tranquilles des lacs, des rivières et des marais (Marie-Victorin, 1995). Il semble s’adapter à différents substrats et profondeurs d’eau.

 

 

(JPG)POTAMOTS SPIRILLÉ (P. SPIRILLUS)
Le potamot spirillé ressemble beaucoup aux potamots feuillés et nains. De façon générale, on le reconnaît à ses feuilles submergées petites et linéaires, à sa tige grêle plusieurs fois divisée ainsi qu’aux nombreux épis situés directement sur sa tige. Cette espèce mesure habituellement moins d’un mètre de haut et colonise les eaux tranquilles et peu profondes (Marie-Victorin, 1995).

 

(JPG)RUBANIERS (SPARGANIUM SP.)
Les longs fettucinis, fréquents dans nos régions, mais peu comestibles, des rubaniers ne passent jamais inaperçus. Ces plantes modérément limitantes pour les activités aquatiques peuvent former des colonies denses et étendues. Les rubaniers possèdent de longues feuilles rubanées, un à deux mètres de long, qui flottent sur l’eau. On les reconnaît aussi à leurs fruits en forme d’œuf épineux qui se dressent hors de l’eau. Les rubaniers peuvent vivre dans une ample gamme d’habitats. Ils poussent sur différents substrats dans les secteurs tranquilles des lacs, des ruisseaux et des rivières. Ils s’enracinent généralement dans des eaux peu profondes de moins de deux mètres (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)SAGITTAIRE GRAMINOÏDE (SAGITTARIA GRAMINEUS)
La Sagittaire graminoïde est une plante aquatique submergée mesurant une dizaine de centimètres retrouvée fréquemment dans nos lacs. Cette espèce de Sagittaire est constituée d’une rosette de feuilles submergées triangulaires et recourbées comme les feuilles d’un ananas. Elle croît en eau peu profonde, essentiellement à moins de 50 cm, quoiqu’on la retrouve parfois à de plus grandes profondeurs. Elle supporte d’ailleurs bien les fluctuations du niveau de l’eau. Elle s’installe principalement sur les substrats sablonneux et parfois vaseux où elle peut former de vastes colonies. Cette plante s’adapte à différentes qualités d’eau, mais semble priser surtout les eaux oligotrophes (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)UTRICULAIRES (UTRICULARIA SP.)
Dans les lacs, les étangs et les tourbières du Québec, vivent différentes espèces d’utriculaires toutes difficiles à différencier les unes des autres. C’est pourquoi nous les avons réunies lors de notre inventaire. Il s’agit de plantes aquatiques submergées carnivores qui, grâce à leurs innombrables et minuscules trappes (utricules) situées sur les feuilles, capturent et digèrent de petits crustacés et des larves de maringouins. Les utriculaires ressemblent à des serpentins munis de feuilles très découpées. Elles possèdent de petites fleurs jaune vif qui émergent de l’eau. N’étant pas enracinées, les utriculaires flottent entre deux eaux.

 

(JPG)VALLISNERIE AMERICAINE (VALLISNERIA AMERICANA)
La vallisnérie américaine est une plante aquatique submergée des plus fréquentes dans nos régions. On la différencie facilement par ses longues feuilles en forme de rubans souples qui croissent à la base du plant et qui peuvent atteindre un mètre et demi de longueur. Ses petites fleurs femelles, qui flottent à la surface de l’eau à l’extrémité d’une tige tordue en tire-bouchon, lui sont spécifiques. La vallisnérie américaine peut s’enraciner dans divers substrats (vase, sable, gravier) à des profondeurs variables et parfois jusqu’à cinq ou six mètres (Marie-Victorin, 1995).

 

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