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Lac

Les plantes aquatiques

Les plantes aquatiques sont des végétaux de grande dimension (taille macroscopique) qui possèdent des feuilles, une tige, des racines et de véritables vaisseaux. Les plantes aquatiques sont généralement enracinées dans les sédiments de la zone littorale des plans d’eau. Il ne faut pas confondre les plantes aquatiques avec les algues qui sont dépourvues de véritables feuilles, tiges et racines.

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Les rôles des plantes aquatiques
Les plantes aquatiques sont essentielles à la santé de l’écosystème aquatique. Il est donc tout à fait normal et nécessaire d’avoir des plantes aquatiques dans son lac. Elles y jouent plusieurs rôles dont:

  • Filtrer les particules en suspension;
  • Capturer des éléments nutritifs présents dans l’eau et les sédiments;
  • Stabiliser les sédiments du littoral;
  • Réduire l’érosion des rives;
  • Fournir un habitat et de la nourriture pour différentes espèces fauniques.

Cependant, comme pour la santé humaine, tout est question de quantité et de qualité. Ainsi, une forte densité de certaines plantes aquatiques révèle des apports excessifs en nutriments qui eutrophisent prématurément le lac. Différentes activités dans le bassin versant contribuent à cette dégradation, notamment, les épandages d’engrais et de fumier à proximité du plan d’eau, les rejets des installations septiques domestiques, commerciales ou municipales non conformes, l’artificialisation des rives, ainsi que les coupes forestières excessives.

Donc, ce n’est pas la plante qui est le problème, c’est la plante qui peut indiquer qu’il y a un problème!

Comment éviter la prolifération des plantes aquatiques dans mon plan d’eau?
Tout comme les plantes terrestres, les plantes aquatiques requièrent un sol fertile pour se développer. La stratégie à adopter consiste donc à éviter de leur fournir un tel sol :

  • En réduisant les apports en sédiments fins (contrôle de l’érosion des rives et des tributaires);
  • En réduisant les apports en nutriments (phosphore et azote).

Pourquoi ne faut-il pas arracher les plantes aquatiques?
C’est inutile et néfaste pour l’écosystème d’arracher les plantes aquatiques. En fait, cette action:

  • N’empêche pas une future repousse;
  • Provoque une croissance accrue des algues;
  • Facilite la dispersion des espèces envahissantes;
  • Perturbe l’habitat aquatique;
  • Ne règle pas le problème à la source!

Les différents groupes de plantes aquatiques
On peut diviser les plantes aquatiques en trois grands groupes:

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Description des espèces de plantes aquatiques

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ALGUES CHARA ET NITELLA
Les algues Chara et Nitella sont belles et bien des algues même si elles ressemblent à première vue à des plantes aquatiques. En effet, malgré leur taille d’environ 30 cm, les espèces du groupe des algues Chara et de celui des algues Nitella sont dépourvues de véritables racines, nervures, tige et feuilles comme toutes les autres algues. Ces algues ne forment pas de véritables fleurs et se reproduisent à partir de spores jaunes. On les reconnaît aussi à l’odeur typique de la moufette que nombreuses d’entre elles dégagent. L’identification des espèces d’algues Chara et Nitella requièrent habituellement un examen en laboratoire, c’est pourquoi nous les avons traitées conjointement. Ces algues ont l’allure de petites branches grêles et plusieurs fois divisées. Selon nos observations, ces algues peuvent former, à différentes profondeurs, un tapis vert fluorescent à noir.

 

(JPG)BIDENT DE BECK (MEGALODONTA BECKII)
Le bident de Beck se retrouve principalement dans les marais et, plus rarement, dans les lacs et les rivières où elle y croît en solitaire ou par très petites colonies (Marie-Victorin, 1995). Son apparence similaire à celle d’un myriophylle trompe plus d’un botaniste amateur. En fait, cette espèce porte des feuilles immergées aussi finement découpées que des cheveux et disposées en éventails tels les myriophylles. Cependant, on distingue aisément le bident lorsque ses feuilles émergées triangulaires, cireuses et charnues au toucher sont présentes. Ses très rares petites fleurs jaunes rappellent la marguerite et dégagent un parfum fruité. Le bident fréquente uniquement les eaux riches en éléments nutritifs (mésotrophe ou eutrophe) où il n’est qu’exceptionnellement une des espèces dominantes (Fleurbec, 1987). Pouvant atteindre une taille d’un mètre de haut, cette espèce croit préférentiellement sur un fond vaseux entre un et trois mètres de profondeur.

 

(JPG)BRASÉNIE DE SCHREBER (BRASENIA SCHREBERI)
La brasénie de Schreber est une plante aquatique flottante qui croît en colonies parfois envahissantes dans quelques lacs dispersés du Québec (Marie-Victorin, 1995). On la distingue facilement par ses feuilles entières elliptiques attachées en leur centre par une queue. Cette espèce se caractérise aussi par un épais mucilage gélatineux et gluant qui enveloppe ses parties submergées. Elle possède quelques petites fleurs beige rosé. La brasénie s’enracine dans les sédiments vaseux des secteurs tranquilles et abrités. Elle pousse dans un ou deux mètres d’eau, tant dans les lacs oligotrophes qu’eutrophes (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)CORNIFLE NAGEANTE (CERATOPHYLLUM DEMERSUM)
La cornifle nageante est une plante aquatique submergée dépourvue de racines, en forme de serpentins rampants (autour d’un mètre de long) similaires à ceux du myriophylle à épi. Ses feuilles filiformes, raides et se terminant en deux ou trois pointes fourchues lui est caractéristique. En plus de sa reproduction sexuée, la cornifle produit des hibernacles (bourgeons) qui se détachent à la fin de la saison de croissance et se développent, le printemps suivant, en un nouvel individu. Cette espèce colonise principalement les fonds vaseux des eaux stagnantes des étangs et des lacs tranquilles. On peut la retrouver jusqu’à huit mètres de profondeur, mais elle prise particulièrement les secteurs de deux à quatre mètres (Marie-Victorin, 1995).

 

(JPG)ÉLODEES DU CANADA ET DE NUTTALL (ELODEA CANADENSIS ET E. NUTTALLII)
L’élodée du Canada est une plante aquatique submergée commune dans nos régions. Cette plante mesure généralement moins d’un mètre et croît en colonies souvent très denses et étendues. Elle possède de nombreuses petites feuilles vert foncé ainsi que de minuscules fleurs blanchâtres qui flottent à la surface de l’eau au bout d’une longue queue. Pour sa part, l’élodée de Nuttall possède des feuilles plus pâles et plus pointues. De plus, ses fleurs mâles n’ont pas de queue et fleurissent sous l’eau à l’aisselle des feuilles (Marie-Victorin, 1995). Les deux élodées colonisent les eaux tranquilles des lacs et des étangs. Elles s’enracinent préférentiellement dans un à trois mètres d’eau, mais s’adaptent aussi à des secteurs plus profonds. Elles s’installent sur divers substrats, mais principalement sur la vase ou le sable. Elles tolèrent différents degrés d’eutrophisation. Finalement, l’élodée du Canada, généralement considérée moyennement limitante, possède un potentiel d’envahissement élevé, étant donné qu’elle peut se multiplier par drageonnement et par bouturage (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)ÉRIOCAULON SEPTANGULAIRE (ERIOCAULON SEPTANGULARE)
L’ériocaulon est une plante aquatique submergée commune au Québec. Cette espèce se caractérise par ses feuilles triangulaires disposées en rosette à la surface du sol. Ses nombreuses et minuscules fleurs sont disposées au bout d’une longue queue qui émerge de l’eau et qui rappelle une broche à tricoter. Cette plante, haute de quelques centimètres, colonise essentiellement les eaux tranquilles et peu profondes (moins d’un mètre) des lacs et des rivières, quoique nous l’ayons déjà observé à de plus grandes profondeurs. Elle vit typiquement sur un substrat de gravier ou de sable dans les lacs oligotrophes (Fleurbec, 1987). L’ériocaulon  limite très peu les activités humaines.

 

(JPG)HETERANTHERE LITIGIEUSE (H. DUBIA) ET POTAMOT ZOSTERIFORME (P. ZOSTERIFORMIS)
L’hétéranthère litigieuse est une plante aquatique vivace dont les tiges et les feuilles sont longues et aplaties comme d’étroits rubans souples. Elle produit de petites fleurs jaunes qui flottent à la surface de l’eau. En l’absence de fleurs, cette espèce est souvent confondue avec le potamot zostériforme (Potamogeton zosteriformis) lui aussi indigène. L’oeil averti du botaniste distinguera la nervure centrale ainsi que la pointe aiguë des feuilles du potamot zostériforme. On retrouve ces deux espèces en compagnie de l’élodée du Canada dans les zones tranquilles des eaux mésotrophes ou eutrophes à une profondeur variant d'un à trois mètres (Fleurbec, 1987). Communes dans nos régions, elles croissent toutes deux préférentiellement dans les fonds vaseux des zones tranquilles des lacs, des étangs et des rivières tranquilles (Agriculture Canada, 2004).

 

(JPG)ISOETE A SPORES EPINEUSES (ISOETES ECHINOSPORA)
L’isoète est une plante aquatique submergée, commune dans notre région, qui mesure à peine une dizaine de centimètres. Ses feuilles linéaires se rassemblent en rosette à la surface du sol, lui conférant l’apparence d’une petite touffe d’herbe. On la reconnaît aussi à ses minuscules spores blanchâtres à la base de chacune de ses feuilles. Les isoètes habitent, de façon typique, les lacs oligotrophes où elles croissent sur divers substrats à des profondeurs variées (Marie-Victorin, 1995).

 

(JPG)LOBÉLIE DE DORTMANN (LOBELIA DORTMANNA)
La lobélie est une plante aquatique submergée fréquente dans tout le Québec (Marie-Victorin, 1995). Cette petite plante, autour de 30 cm, vit en colonies peu denses et généralement peu limitantes. Ses petites feuilles, charnues et cylindriques, croissent en rosette à la surface du sol, tandis que ses petites fleurs bleues émergent hors de l’eau au bout d’une tige. Elle croît sur les fonds de sable et parfois de gravier, essentiellement dans les zones ayant moins d’un mètre de profond. Les eaux claires et pauvres en matière organique constituent son habitat préféré (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)JONCS (JUNCUS SP.), GRAMINEES (GRAMINEUS SP.) ET SCIRPES (SCIRPUS SP.)
Ces trois familles comprennent plusieurs espèces qui sont largement répandues sur le territoire québécois (Marie-Victorin, 1995). Il s’agit de plantes herbacées qui poussent en colonies. Ces plantes s’installent sur la terre ferme ou bien dans la zone littorale des lacs et des milieux humides. On les retrouve habituellement à moins d’un mètre de profondeur où ils participent à stabiliser la rive. On reconnaît les joncs à leur tige cylindrique et nue et à leurs fleurs rassemblées en un bouquet qui semble attaché sur le côté de la tige. Pour leur part, les graminées se distinguent par leur tige cylindrique et creuse munie d’une gaine enveloppante (comme chez les poireaux). Quant à eux, les scirpes possèdent de petits épillets bruns.

 

(JPG)MYRIOPHYLLE À EPI (MYRIOPHYLLUM SPICATUM)
Le myriophylle à épi est une grande plante aquatique submergée, très commune au Québec et au Vermont, qui croît en colonies souvent très denses (Fleurbec, 1987). Il s’agit d’une des cinq plantes introduites occasionnant le plus d’impacts environnementaux et le plus de limitations d’usages au Canada (MENV, 2002). Ce myriophylle ressemble à de longs serpentins munis de feuilles découpées finement comme des plumes et disposées en cercle autour des tiges. Une fois enracinée dans le fond de l’eau, cette espèce pousse jusqu’à la surface où elle se ramifie abondamment créant ainsi des mattes denses. Ses petites fleurs, blanches ou rouges, et ses fruits brun foncé se réunissent en épi dressé à l’extérieur de l’eau. Le myriophylle à épi possède un grand potentiel d’envahissement compte tenu de sa croissance rapide et de sa diversité de modes de reproduction. Cette espèce peut se reproduire d’une part en formant des graines et des hibernacles (bourgeons axillaires qui se détachent du plant et génèrent d’autres individus). D’autre part, de nouveaux individus peuvent se développer à partir des racines d’un plan (phénomène de drageonnement). De même que chaque fragment de la tige peut se détacher, s’enraciner et générer un autre spécimen (phénomène de bouturage). Le bouturage, son principal mode de multiplication, explique son potentiel élevé d’invasion. Le bouturage survient de façon naturelle, par l’action des vents et des vagues, mais est grandement accentué par le passage des embarcations. Le myriophylle à épi peut croître dans divers types de sédiments (gravier, sable, vase et débris végétaux) et à des profondeurs variant de quelques centimètres à plusieurs mètres d’eau (Fleurbec, 1987). De plus, cette plante supporte les niveaux les plus élevés d’eutrophisation. Par sa croissance rapide, dès les premiers jours du printemps, le myriophylle à épi crée de l’ombre pour les autres espèces de plantes submergées et limite ainsi leur croissance. Les herbiers de myriophylle sont reconnus pour atteindre une telle densité qu’ils tendent à déloger toutes les autres espèces (Environnement Canada, 2003). Ainsi, l’envahissement par cette plante réduit la diversité de la végétation et, par conséquent, celle de la faune, notamment celle des poissons intéressants pour la pêche sportive.

 

(JPG)MYRIOPHYLLE À FLEURS ALTERNES (MYRIOPHYLLUM ALTERNIFLORUM)
Le myriophylle à fleurs alternes ressemble à son frère à épi. Il est cependant plus petit et beaucoup moins envahissant. On le retrouve plutôt disséminé dans quelques lacs québécois, surtout dans les régions plus froides. Cette plante aquatique submergée forme de petits serpentins qui couvrent habituellement le fond des zones profondes et peu lumineuses des lacs et des rivières (Marie-Victorin, 1995). À la suite de nos observations, nous considérons cette plante peu limitante pour les activités humaines.

 

(JPG)MYRIOPHYLLE GRELE (MYRIOPHYLLUM TENELLUM)
Le myriophylle grêle est une plante aquatique submergée retrouvée occasionnellement dans les Cantons de l’Est. Ce myriophylle se caractérise par de petites tiges fines presque dépourvues de feuilles. Cette plante, peu envahissante, habite les rivages peu profonds et sablonneux des lacs, des rivières et des étangs.

 

(JPG) NAÏAS SOUPLE (NAJAS FLEXILIS)
Le naïas souple est une plante aquatique submergée de petite taille, 2 à10 cm de hauteur, très commune dans les eaux douces de notre région (Marie-Victorin, 1995). On reconnaît cette espèce à son allure buissonneuse densément garnie de petites feuilles triangulaires. Ses fleurs et ses fruits sont à peine visibles. Selon nos observations, le naïas s’enracine dans les substrats sablonneux, graveleux ou vaseux à différentes profondeurs. En fait, il peut s’installer dans quelques centimètres à plusieurs mètres d’eau pourvu que la lumière y pénètre.

 

(JPG)NÉNUPHARS (N. MICROPHYLLUM, N. VARIEGATUM ET N. RUBRODISCUM)
Les nénuphars sont des plantes aquatiques flottantes fréquentes dans les eaux tranquilles des lacs, des rivières et des tourbières. Les trois espèces québécoises sont dotées d’une grande taille et vivent toutes en colonies. Le grand nénuphar jaune possède des feuilles et des fleurs plus grandes que son frère, moins abondant, le petit nénuphar jaune. Le nénuphar à disque rouge est quant à lui considéré, par plusieurs, comme un hybride des deux autres. On aperçoit de loin leurs grandes feuilles en forme de cœur ainsi que leurs magnifiques fleurs jaunes qui flottent sur l’eau. Les nénuphars possèdent aussi des feuilles submergées disposées en rosette à la base du plant. On les retrouve habituellement à une profondeur de 0,5 à 1,5 m. Ils apprécient plus particulièrement les fonds vaseux des eaux oligotrophes, sans pour autant renier les eaux eutrophes (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)NYMPHEAS (NYMPHAEA ODORATA ET NYMPHAEA TUBEROSA)
La beauté des fleurs blanches des nymphéas ne laisse personne indifférent. Le nymphéa odorant est abondant dans nos régions, tandis que le Nymphéa tubéreux y est moins fréquent. Tous deux mesurent autour de 50 cm de haut et possèdent de larges feuilles flottantes circulaires, cireuses et fendues sur près de la moitié de leur longueur. Parmi les feuilles flottent leurs énormes fleurs blanches au centre jaune. On peut distinguer les deux espèces grâce à la coloration du revers des feuilles, rouge vin chez le nymphéa odorant et vert pâle chez le Nymphéa tubéreux. Comme son nom l’indique et contrairement à son frère, le nymphéa odorant dégage un doux parfum. Les nymphéas s’enracinent dans la vase peu profonde (moins d’un mètre) des secteurs abrités des lacs, étangs et tourbières où ils créent un magnifique tapis flottant. Leurs colonies, parfois très étendues, sont parfois envahissantes.

 

(JPG)PONTEDERIE CORDEE (PONTEDERIA CORDATA)
Cette sublime plante aquatique émergée possède des fleurs violettes et des feuilles en forme de cœur qui lui sont bien caractéristiques. Cette plante, présente dans l’ouest et le centre du Québec, mesure généralement moins d’un mètre. Ses grandes feuilles très douces et cireuses au toucher sont apparemment tendres et agréables au goût. Ses minuscules et nombreuses fleurs, réunies en épi, sont elles aussi comestibles quoique malheureusement éphémères (Fleurbec, 1987). La pontédérie croît en colonies, parfois très denses, dans les zones peu profondes des lacs et des milieux humides. Elle apprécie particulièrement les sédiments vaseux ou sablonneux.

 

POTAMOTS (POTAMOGETON sp.) L’identification des potamots s’avère un réel défi pour les botanistes autant débutants qu’avertis. En fait, ce groupe comprend un grand nombre d’espèces aux structures minuscules et variables au sein d’une seule espèce. De façon générale, les potamots possèdent deux types de feuilles, des feuilles flottantes coriaces et des feuilles submergées pellucides ainsi que de minuscules fleurs regroupées en épi. Voici un bref survol des principales espèces de potamot recensées lors de notre inventaire :

 

(JPG)POTAMOT À LARGES FEUILLES (POTAMOGETON AMPLIFOLIUS)
Le potamot à larges feuilles est, sans contredit, l’une des plantes indigènes les plus envahissantes de notre région (Carignan, 2003). Cette plante vivace se multiplie abondamment par drageonnement et par bouturage de la tige dans bon nombre de nos lacs et rivières (Agriculture Canada, 2004). On le distingue aisément grâce à ses grandes feuilles submergées rougeâtres et courbées comme une selle de cheval à l’envers. Ses feuilles flottantes ovales et ses épis dressés qui tapissent l’eau sont visibles de loin. Selon nos observations, ce potamot colonise principalement les fonds vaseux à une profondeur de deux à quatre mètres où il croît jusqu’à la surface.

 

(JPG)POTAMOT CRISPE (POTAMOGETON CRISPUS)
Dans certains lacs de la région, ce potamot introduit d’Europe est considéré très envahissant (Agriculture Canada, 2004). En fait, en plus de produire des graines, celui-ci se multiplie rapidement par la formation d’hibernacles (bourgeons qui forment d’autres individus) et par bouturage. Le potamot crispé s’identifie facilement par ses feuilles raides et ondulées telles des lasagnes. Il s’installe essentiellement dans la colonne d’eau de deux à quatre mètres de profondeur des lacs et cours d’eau. Il peut s’adapter à différentes qualités d’eau, même les plus souillées, et peut même venir à bout des toiles de géotextile les plus coriaces.

 

(JPG)POTAMOT DE L’ILLINOIS (POTAMOGETON ILLINOENSIS)
Cette espèce présente également des difficultés d’identification compte tenu de la grande variabilité de ses formes. De plus, elle ressemble particulièrement au potamot graminoïde sauf qu’elle possède des feuilles plus larges n’ayant habituellement pas de pétiole. Ce potamot indigène se retrouve communément dans plusieurs de nos lacs et nos rivières (Agriculture Canada, 2004).

 

 

(JPG)POTAMOT DE RICHARDSON (P.RICHARDSONII), PERFOLIÉ (P.PERFOLIATUS) ET À LONGS PÉDONCULES (P. PRAELONGUS)
Ces trois espèces fréquentes dans notre région ont été regroupées compte tenu de la similitude de leur forme et des hybrides qu’ils forment entre eux. Le plus commun des trois est le potamot de Richardson et ce dernier peut former des colonies denses et étendues. Ces trois espèces indigènes se retrouvent dans les eaux lentes ou tranquilles des lacs, étangs et rivières (Agriculture Canada, 2004). On distingue ces potamots grâce à leurs nombreuses feuilles généralement circulaires ou ovoïdes et d’un vert pomme caractéristique qui entourent directement la tige blanchâtre. Selon nos observations, on les retrouve à deux ou trois mètres de profondeur sur des sédiments fins.

 

(JPG)POTAMOT DE ROBBINS (POTAMOGETON ROBBINSII)
Les denses colonies de ce potamot couvrent le sol de bon nombre de nos lacs (Marie-Victorin, 1995). Ses rigides et linéaires feuilles brunâtres ou rougeâtres sont disposées sur deux rangs de part et d’autre de la tige. Cette plante, à l’apparence d’une plume, mesure environ 50 cm. Son feuillage sert de nourriture pour plusieurs organismes aquatiques. Le potamot de Robbins semble vivre principalement dans les fonds vaseux à différentes profondeurs. Ce potamot détient un potentiel d’envahissement élevé.

 

(JPG)POTAMOT EMERGE (POTAMOGETON EPIHYDRUS)
Ce grand potamot se caractérise par des feuilles submergées longues et munies d’une bande centrale plus claire. Il s’agit de l’un des potamots les plus communs dans nos lacs et de nos rivières. Les colonies de cette espèce s’établissent généralement dans la vase et le sable des secteurs peu profonds (0,5 à 1,5 m) (Marie-Victorin, 1995). Cependant, lors de l’inventaire, nous l’avons remarqué à de plus grandes profondeurs. Cette espèce tolère une grande gamme de qualités d’eau (Fleurbec, 1987). En raison de sa grande taille et de son potentiel de reproduction élevé, cette espèce peut envahir une grande partie de la colonne d’eau.

 

(JPG)POTAMOTS FEUILLE (P. FOLIOSUS) ET NAIN (P. PUSILLUS)
Nous avons regroupé ces deux espèces de potamots puisqu’elles sont si similaires et si variables qu’il est parfois impossible de les distinguer à l’œil nu. De façon générale, on les reconnaît à leurs feuilles submergées petites et linéaires ainsi qu’à leur tige grêle plusieurs fois divisée. Ces deux espèces communes dans nos lacs mesurent habituellement moins d’un mètre de haut et colonisent les eaux tranquilles et peu profondes (Marie-Victorin, 1995).

 

 

(JPG)POTAMOT FLOTTANT (POTAMOGETON NATANS)
Cette espèce constitue le représentant typique des potamots, par ses feuilles flottantes elliptiques et coriaces ainsi que par ses feuilles immergées linéaires et translucides. Le Potamot flottant s’adapte autant aux eaux tranquilles des lacs qu’aux eaux courantes des ruisseaux et des rivières. De plus, il supporte différentes qualités et profondeurs d’eau (Marie-Victorin, 1995).

 

(JPG)POTAMOT GRAMINOÏDE (POTAMOGETON GRAMINEUS)
En raison de ses formes extrêmement variables, l’identification du potamot graminoïde s’avère être une véritable difficulté. Ce potamot indigène compte plusieurs variétés et hybrides qui sont reliés par des formes intermédiaires. De façon simplifiée, nous le reconnaissons à ses feuilles submergées translucides, rougeâtres et lancéolées. Le potamot graminoïde se retrouve un peu partout dans les eaux tranquilles des lacs, des rivières et des marais (Marie-Victorin, 1995). Il semble s’adapter à différents substrats et profondeurs d’eau.

 

 

(JPG)POTAMOTS SPIRILLÉ (P. SPIRILLUS)
Le potamot spirillé ressemble beaucoup aux potamots feuillés et nains. De façon générale, on le reconnaît à ses feuilles submergées petites et linéaires, à sa tige grêle plusieurs fois divisée ainsi qu’aux nombreux épis situés directement sur sa tige. Cette espèce mesure habituellement moins d’un mètre de haut et colonise les eaux tranquilles et peu profondes (Marie-Victorin, 1995).

 

(JPG)RUBANIERS (SPARGANIUM SP.)
Les longs fettucinis, fréquents dans nos régions, mais peu comestibles, des rubaniers ne passent jamais inaperçus. Ces plantes modérément limitantes pour les activités aquatiques peuvent former des colonies denses et étendues. Les rubaniers possèdent de longues feuilles rubanées, un à deux mètres de long, qui flottent sur l’eau. On les reconnaît aussi à leurs fruits en forme d’œuf épineux qui se dressent hors de l’eau. Les rubaniers peuvent vivre dans une ample gamme d’habitats. Ils poussent sur différents substrats dans les secteurs tranquilles des lacs, des ruisseaux et des rivières. Ils s’enracinent généralement dans des eaux peu profondes de moins de deux mètres (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)SAGITTAIRE GRAMINOÏDE (SAGITTARIA GRAMINEUS)
La Sagittaire graminoïde est une plante aquatique submergée mesurant une dizaine de centimètres retrouvée fréquemment dans nos lacs. Cette espèce de Sagittaire est constituée d’une rosette de feuilles submergées triangulaires et recourbées comme les feuilles d’un ananas. Elle croît en eau peu profonde, essentiellement à moins de 50 cm, quoiqu’on la retrouve parfois à de plus grandes profondeurs. Elle supporte d’ailleurs bien les fluctuations du niveau de l’eau. Elle s’installe principalement sur les substrats sablonneux et parfois vaseux où elle peut former de vastes colonies. Cette plante s’adapte à différentes qualités d’eau, mais semble priser surtout les eaux oligotrophes (Fleurbec, 1987).

 

(JPG)UTRICULAIRES (UTRICULARIA SP.)
Dans les lacs, les étangs et les tourbières du Québec, vivent différentes espèces d’utriculaires toutes difficiles à différencier les unes des autres. C’est pourquoi nous les avons réunies lors de notre inventaire. Il s’agit de plantes aquatiques submergées carnivores qui, grâce à leurs innombrables et minuscules trappes (utricules) situées sur les feuilles, capturent et digèrent de petits crustacés et des larves de maringouins. Les utriculaires ressemblent à des serpentins munis de feuilles très découpées. Elles possèdent de petites fleurs jaune vif qui émergent de l’eau. N’étant pas enracinées, les utriculaires flottent entre deux eaux.

 

(JPG)VALLISNERIE AMERICAINE (VALLISNERIA AMERICANA)
La vallisnérie américaine est une plante aquatique submergée des plus fréquentes dans nos régions. On la différencie facilement par ses longues feuilles en forme de rubans souples qui croissent à la base du plant et qui peuvent atteindre un mètre et demi de longueur. Ses petites fleurs femelles, qui flottent à la surface de l’eau à l’extrémité d’une tige tordue en tire-bouchon, lui sont spécifiques. La vallisnérie américaine peut s’enraciner dans divers substrats (vase, sable, gravier) à des profondeurs variables et parfois jusqu’à cinq ou six mètres (Marie-Victorin, 1995).

 

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L’eutrophisation (vieillissement) des lacs

Dans le sud du Québec, les lacs datent de la fin de la dernière période glaciaire, soit il y a environ 12 000 ans. Ces lacs peuvent donc être considérés comme étant au début de leur cycle d’évolution. De façon naturelle, un lac va être comblé graduellement par les apports de sédiments provenant des tributaires et par le dépôt de matières organiques. Ce phénomène appelé eutrophisation se produit toutefois sur des milliers d’années, voire des centaines de milliers d’années.

L’eutrophisation est le phénomène de vieillissement des lacs, qui se caractérise par une augmentation de la productivité c'est-à-dire notamment par un accroissement des plantes aquatiques et des algues. C’est un phénomène naturel à l’échelle géologique, mais qui se trouve fortement accéléré par les matières nutritives et les sédiments apportés par diverses activités humaines.

Dans un plan d’eau en santé et jeune, les éléments nutritifs sont présents à de faibles concentrations et assurent une croissance normale des plantes aquatiques et des algues microscopiques (phytoplancton). Lorsque le phosphore devient trop abondant, il cause une croissance excessive des végétaux aquatiques. Cet envahissement par les plantes aquatiques et les algues a pour effet de détériorer la qualité des eaux, affectant ainsi la qualité esthétique, le goût et l’odeur de l’eau et modifiant la composition de la faune aquatique présente, dont celle des espèces de poissons d’intérêt sportif. La santé et la pérennité du plan d’eau ainsi que les différents usages humains sont donc grandement affectés par l’eutrophisation.

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Niveau trophique

On peut classer les lacs en trois grandes catégories trophiques, selon leur stade d’eutrophisation :

Oligotrophe Peu nourri Lacs pauvres en matières nutritives et contenant plusieurs espèces d’organismes aquatiques, chacune d’elles étant représentée en nombre relativement faible. L’eau se caractérise par une grande transparence, une importante teneur en oxygène et peu de matières organiques.
Mésotrophe Lacs qui se situent entre les lacs oligotrophes et les lacs eutrophes. Par rapport aux lacs oligotrophes, on y note une augmentation de la quantité de matières organiques et des organismes aquatiques (végétaux, animaux, bactéries).
Eutrophe
Bien nourri
Lacs riches en matières nutritives. Ces lacs sont relativement peu profonds, recouverts d’une large ceinture de végétation aquatique et on y note la présence d’espèces de poissons peu exigeants en oxygène. Le fond est couvert de sédiments riches en matières organiques.


Vieillissement accéléré par les activités humaines

Malheureusement, les activités humaines (urbanisation, villégiature, activités agricoles, forestières et industrielles) accélèrent le processus d’eutrophisation des lacs en augmentant significativement les apports de sédiments (particules de sols) et de nutriments.

Les apports en matières nutritives, comme le phosphore et l’azote, provenant entre autres d’installations septiques mal entretenues ou d’usages excessifs de fertilisants, sont responsables de l’eutrophisation accélérée du lac. D’autre part, les apports en sédiments, provenant essentiellement de l’érosion des sols du bassin versant, envasent le fond et contribuent également à l’eutrophisation accélérée du plan d’eau.

Les principales sources de nutriments sont les :

  • Engrais domestiques (pour pelouses, platebandes, etc.);
  • Engrais agricoles (engrais chimiques, lisiers, etc.);
  • Eaux usées (domestiques, municipales);
  • Détergents, lessives et savons;
  • Coupes forestières abusives (sols mis à nu);
  • Érosion des rives;
  • Rejets de sites d’enfouissement;
  • Rejets industriels.

La qualité de l’eau

L’évaluation de la qualité de l’eau d’un lac ou d’un cours d’eau se fait à partir de l’analyse de différents paramètres physico-chimiques. Voici une description des principaux paramètres étudiés :

ParamètresDescription
Transparence de l’eau
  • Épaisseur de la colonne d’eau jusqu’où la lumière pénètre.
  • Paramètre mesuré à la fosse d’un lac, à l’aide d’un disque de Secchi.
  • Paramètre permettant de déterminer le niveau trophique des eaux d’un lac.
  • Paramètre influencé par l’abondance des composés organiques dissous et des matières en suspension qui colorent l’eau ou la rendent trouble.
    Fiche no6
Phosphore total (Ptot)
  • Phosphore : élément nutritif essentiel aux organismes vivants qui entraîne une croissance excessive des végétaux aquatiques (eutrophisation accélérée) lorsqu'il est trop abondant.
  • Ptot : ensemble des différentes formes de phosphore (dissoutes et associées à des particules) mesuré à partir d’un échantillon d’eau prélevé dans un lac ou un tributaire.
  • Permet de déterminer le niveau trophique des eaux d’un lac et de déceler la présence de pollution nutritive dans un tributaire.
  • Sources : utilisation d’engrais domestique, fertilisation agricole, rejets municipaux et industriels, installations septiques inadéquates, coupes forestières abusives, etc.
    Fiche no3
Chlorophylle a
    • Pigment présent chez tous les organismes qui font de la photosynthèse dont les algues microscopiques en suspension dans l’eau (phytoplancton).
    • Reflet indirect de la quantité de phytoplanctons dans l’eau d’un lac.
    • Permet de déterminer le niveau trophique des eaux d’un lac.
    • Paramètre lié à l’abondance du phosphore dans l’eau.
Fiche no4
Matières en suspension  (MES)
  • Particules de petite taille qui ont la possibilité de se maintenir un certain temps entre deux eaux (particules de sol, matières organiques en décomposition, phytoplancton).
  • Indiquent des apports de particules de sol qui contribuent au réchauffement des eaux, diminuent la teneur en oxygène dissous, envasent le fond des plans d’eau, colmatent les frayères et bloquent le système respiratoire de plusieurs poissons.
  • Sources : érosion des sols du bassin versant (sols agricoles, sols forestiers, rives artificialisées, carrières et sablières, sites en construction, fossés routiers, etc.), rejets municipaux et industriels.
    Fiche no5
Coliformes fécaux (CF)
  • Bactéries intestinales provenant des excréments produits par les animaux à sang chaud, incluant l’humain et les oiseaux.
  • Indiquent une contamination fécale et la présence potentielle de microorganismes pathogènes susceptibles d’affecter la santé animale et humaine.
  • Sources : rejets municipaux, épandages agricoles (fumier ou lisier), installations septiques et fosses à purin non conformes, débordements des stations d’épuration et des trop-pleins.
Spectre UV
  • Spectrophotométrie UV : passage d’un rayon lumineux ultraviolet à travers un échantillon d’eau prélevé à la fosse ou dans un tributaire. Selon la composition de l’échantillon, certaines longueurs d’onde sont absorbées.
  • Spectre UV : signal obtenu (l’absorbance en fonction de la longueur d’onde), sorte d’empreinte (radiographie) de la composition de l’eau.
  • Indique la quantité de matières organiques et met en évidence la présence d’éléments spécifiques tels les MES, les pesticides, les nitrates et les détergents.
    Fiche no8
Oxygène dissous
  • Teneur en oxygène qui se retrouve en solution dans l’eau d’un lac.
  • Profil en oxygène : oxygène dissous à différentes profondeurs de la surface jusqu’au fond.
  • Indique l’état de l’habitat pour la faune aquatique.
    Fiche no7


La qualité de l’eau et ce qu’elle évoque

La qualité de l’eau des lacs et des rivières suscitent énormément d’intérêt auprès des riverains et du public en général. Leur potentiel récréatif et leur beauté font des abords d’un plan d’eau des endroits privilégiés.

Chacun a sa définition personnelle pour décrire la qualité de l’eau ou d’un plan d’eau. En général, presque tous rechercheront un plan d’eau qui : (JPG)

  • Ne dégage pas d’odeurs désagréables
  • N’est pas de couleur brune ou verte
  • N’est pas envahi par les algues et les plantes aquatiques.

Les gens favorisent différents critères plus que d’autres. Certains mettent l’accent sur l’aspect visuel : l’environnement, le paysage, la faune et la flore riveraine. D’autres donnent beaucoup d’importance à la tranquillité des lieux, à l’absence de bruits mécaniques permettant de mieux entendre les sons de la nature : le chant des oiseaux, le clapotis des vagues, le bruit du vent dans les feuilles, etc. Il reste que, pour plusieurs personnes, une importance prépondérante est accordée aux caractéristiques de l’eau elle-même telles que la limpidité, l’absence d’envasement du fond, ainsi qu’à l’absence d’algues et de plantes aquatiques permettant de se baigner en toute quiétude.

 

La qualité d’un plan d’eau d’un point de vue scientifique

Les lacs sont classés selon la qualité de leur eau en tenant compte de leur vieillissement naturel ou de leur eutrophisation reliée aux activités humaines. Les lacs et les plans d’eau vieillissent selon un processus naturel qui s’étend sur de très longues périodes, généralement des milliers d’années. Cependant, l'eutrophisation causée par des activités humaines entraîne des effets semblables à celui du vieillissement naturel, mais sur une plus courte période.

Effets de l’eutrophisation :

  • L’envasement du fond et du littoral
  • Une trop grande concentration de phosphore
  • Une présence parfois importante d’algues et/ou de plantes aquatiques
  • La diminution de la transparence de l’eau
  • Une carence et même parfois une absence d’oxygène dissous dans les eaux profondes du lac.
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Les facteurs entraînant le vieillissement prématuré des plans d’eau

Le principal facteur de la dégradation ou du vieillissement des lacs et des autres plans d’eau est l’apport massif de sédiments et de nutriments (sable, argile, matières organiques, phosphore, etc.). Les sédiments qui entrent en trop grande quantité dans les plans d’eau envasent certaines parties de leur littoral (partie peu profonde du plan d’eau) de même que leur fond. À ces sédiments sont attachés du phosphore qui constitue le principal élément nourrissant ou permettant la prolifération des algues et des plantes aquatiques. Dans les plans d’eau, le phosphore est généralement et naturellement présent en faible quantité. Dans ce cas, il sert alors de facteur limitant la croissance des algues et des plantes aquatiques, en ce sens que, si la quantité de phosphore est minime, les algues et les plantes aquatiques ne trouvent pas l’élément clef qui leur est nécessaire pour se développer et se multiplier.

 

Les algues et les cyanobactéries

Les algues sont des végétaux aquatiques primitifs qui vivent naturellement dans nos plans d’eau. Ces organismes sont, contrairement aux plantes aquatiques, dépourvus de véritables feuilles, tiges et racines. La majorité des algues n’ont pas de corps et glissent entre les doigts lorsqu’on tente de les prendre.

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Les algues sont généralement microscopiques (invisibles à l’œil nu). Or, si elles sont trop nourries, elles se multiplient et s’agglomèrent au point de former des masses macroscopiques (visibles à l’œil nu).


Les trois catégories d’algues

Dans les écosystèmes d’eau douce, il existe trois grandes catégories d’algues : les algues vertes, les algues diatomées et les cyanobactéries.

TypeCaractéristiques
Algues vertes
(filamenteuses)
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  • Coloration verte et texture filamenteuse 
  • Certaines flottent sur l’eau ou entre deux eaux
  • D’autres se fixent sur un substrat solide
  • Plus abondantes en fin d’été (eau chaude)
  • Nombre d’espèces : au moins 17 000

Voir ces algues à l’œil nu signifie qu’il y a un apport en nutriments les faisant proliférer.

Algues diatomées
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  • Coloration brunâtre en raison de leur paroi en silice
  • Constituent la majeure partie du phytoplancton
  • Forment, à leur mort, une mince couche organique brune sur les roches 
  • Plus abondantes au printemps ou au début de l’été (eau fraîche) 
  •  Nombre d’espèces : environ 100 000
Cyanobactéries
(algues bleues, bleu-vert ou cyanophycées)
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  • Bactéries qui ressemblent aux algues vertes 
  • Coloration variable (bleu-vert,vert-olive ou violet) 
  • Teignent les eaux en vert ou forment des couches  vert-turquoise lorsqu’elles sont trop abondantes
  • Certaines produisent des toxines (cyanotoxines) 
  • Plus abondantes en fin d’été (eau chaude) 
  • Nombre d’espèces : environ 200

Leur apparition indique des apports importants de phosphore (eaux usées, engrais chimiques…)

 


Les cyanobactéries

Les fleurs d’eau peuvent prendre différentes colorations (bleu-vert, vert-olive, violet, rouge) et différentes formes (colorant, peinture, écume, mousse).

Pourquoi sont-elles problématiques ?
Certaines cyanobactéries produisent des toxines (appelées cyanotoxines). Lorsque les cyanobactéries et, par conséquent, les cyanotoxines, sont trop abondantes dans un plan d’eau, elles peuvent occasionner des perturbations écologiques et nuire à la santé des usagers. Il existe plusieurs types de cyanotoxines différentes. Certaines de ces toxines peuvent causer des irritations de la peau ou des effets allergiques. D’autres causent des problèmes au niveau du foie. D’autres encore peuvent affecter le fonctionnement du système nerveux. C’est pourquoi il faut éviter tout contact et toute ingestion d’eau présentant un bloom de cyanobactéries.

Conditions environnementales favorisant les cyanobactéries :
De façon naturelle, les cyanobactéries sont présentes dans les milieux aquatiques, mais elles deviennent problématiques lorsqu’elles sont trop nombreuses. C’est-à-dire, principalement lorsque nos activités humaines apportent vers nos plans d’eau un surplus de phosphore. De plus, le réchauffement des eaux occasionné, entre autres, par l’artificialisation des rives contribue à la prolifération des cyanobactéries.

Principales sources de phosphore qui font proliférer les cyanobactéries :

  • Engrais domestiques (pour pelouses, plate-bandes, etc.) ;
  • Engrais agricoles (engrais chimiques, lisiers, etc.) ;
  • Eaux usées (domestiques, municipales) ;
  • Détergents, lessives et savons ;
  • Coupes forestières abusives (sols mis à nu) ;
  • Érosion des rives ;
  • Rejets de sites d’enfouissement ;
  • Rejets industriels.

Les grands groupes d’algues
Les algues se divisent en deux groupes : le phytoplancton et le périphyton. Le phytoplancton regroupe l’ensemble des algues en suspension dans l’eau qui flottent et dérivent librement et qui servent de nourriture pour la faune aquatique (constituent le premier maillon du réseau alimentaire). Le périphyton regroupe l’ensemble des algues qui se fixent à un substrat solide (roches, plantes, embarcations, quais) et qui servent de nourriture pour les organismes vivant au fond (benthos).

Questions fréquemment demandées
Les algues sont-elles néfastes ?
Les algues remplissent plusieurs rôles essentiels au sein de l’écosystème aquatique. Elles ne sont donc pas néfastes en soi. Toutefois, lorsque l’eau est anormalement riche en éléments nutritifs, les algues se multiplient excessivement, ce qui perturbe l’équilibre de l’écosystème. Dans ce cas, les algues créent des amas gluants que l’on appelle bloom d’algues, fleur d’eau ou bien efflorescence. C’est alors que les algues sont néfastes : elles peuvent envahir et étouffer un plan d’eau.

Pourquoi les fleurs d’eau apparaissent-elles surtout dans des baies ?
Les baies peu profondes et abritées d’un lac sont plus propices au développement des cyanobactéries, car les eaux y sont plus chaudes et plus calmes.

Comment savoir si on a un bloom de cyanobactéries ?
L’identification des algues et cyanobactéries se fait au microscope. Un petit test préliminaire peut toutefois vous aider à différencier les types d’algues. Passez vos doigts dans l’efflorescence, laissez l’eau s’égoutter et regardez ce qu’il reste dans votre main. De façon générale, si :

  • Filaments, masses fibreuses = algues vertes
  • Morceaux gluants = cyanobactéries N’oubliez pas de vous laver les mains à l’eau chaude savonneuse immédiatement après ce test !

Quoi faire si on croit avoir un bloom de cyanobactéries ?
Si votre lac présente des symptômes de bloom de cyanobactéries, il importe de communiquer avec le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs de votre région. Une analyse en laboratoire des espèces et toxines présentes s’impose.

À quel moment de l’année les cyanobactéries sont-elles plus abondantes ?
Les cyanobactéries se développent surtout en été et à l’automne.

Types d’algues selon la période de l’année
(JPG)

Pourquoi a-t-il des blooms seulement certaines années ?
Il y a toujours des algues dans l’eau, mais elles ne forment des blooms que lors des étés où les nutriments sont trop abondants et que les eaux sont suffisamment chaudes.

Les algues sont-elles toxiques ?
Les algues vertes et diatomées ne sont pas toxiques. Cependant, certaines cyanobactéries libèrent des substances extrêmement toxiques pour l’humain et les animaux. Il faut éviter tout contact (baignade, douche…) et ne pas boire une eau pouvant en contenir. Il faut également éviter de consommer des poissons, crustacés ou mollusques provenant d’un plan d’eau affecté.

Comment éviter un bloom d’algues ?
Il faut s’attaquer à la cause du problème : l’excès de nutriments. Il faut donc réduire les sources de phosphore et d’azote.

Les algicides dans tout cela ?
L’utilisation d’algicides n’est pas recommandée, car ceux-ci peuvent être nocifs. En fait, les algicides sont des pesticides néfastes pour la vie aquatique. De plus, ils créent une libération massive des toxines présentes dans les cyanobactéries.

Quoi faire si on veut rapporter un cas une fleur d’eau ?
Si votre lac présente des symptômes de bloom de cyanobactéries, il importe de communiquer avec le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) de votre région. En effet, c’est le MDDEP qui est responsable du Plan d’intervention sur la gestion des fleurs d’eau de cyanobactéries au Québec.

« Globalement, le MDDEP s’occupe de confirmer la présence de fleurs d’eau dans les milieux aquatiques concernés, d’y prélever des échantillons et de les analyser. S’il y a lieu, les DSP émettent des avis de santé publique. Ces avis visent à sensibiliser la population sur les usages de l’eau à éviter, lorsqu’il y a des fleurs d’eau, et sur les risques pour la santé associés aux cyanobactéries et à leurs toxines. Les DSP lèvent ces avis lorsque l’état du milieu aquatique est redevenu sécuritaire pour les usagers. (Blais, 2006). »

Coordonnées des bureaux des directions régionales du MDDEP
Estrie et Montérégie
Sherbrooke
Téléphone : 819 820-3882
Télécopieur : 819 820-3958
Courriel : Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches
Québec
Téléphone : 418 644-8844
Télécopieur : 418 646-1214
Courriel : Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Pour plus d’information

Vous voulez en savoir plus au sujet des cyanobactéries ? Vous pouvez vous référer aux sites Internet suivants :

Développement durable, Environnement et Parcs du Québec
http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/cyanobacteries/index.htm

Exemple de cas à la Baie Missisquoi : http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/cyanobacteries/articlesb.pdf

Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries : http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/cyanobacteries/guide-identif.pdf

Santé et Services sociaux du Québec
http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2005/05-238-01.pdf
 

Référence : BLAIS, S., 2006. Guide d’identification des fleurs d’eau de cyanobactéries. Comment les distinguer des végétaux observés dans nos lacs et nos rivières, Direction du suivi de l’état de l’environnement, ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, ISBN-13 : 978-2-550-47599-6 (version imprimée), ISBN-10 : 2-550-47599-2 (version imprimée), 52 p. (incluant 3 ann.).


Les cyanobactéries sont microscopiques (invisibles à l’œil nu). Cependant, lorsqu’elles sont trop nourries, elles se multiplient et s’agglomèrent au point de former des masses macroscopiques (visibles à l’œil nu) que l’on appelle fleurs d’eau, bloom d’algues et les efflorescences.

 

Les composantes d’un lac

Qu’est-ce donc qu’un lac?

Le lac est un réservoir d’eau douce de profondeur et d’étendue variables. La circulation de l’eau y est faible.

Le lac est alimenté par différents cours d’eau (ruisseaux, rivières et sources souterraines) que l’on appelle tributaires ou affluents du lac.

L’eau séjourne un certain temps dans le lac selon sa superficie, sa profondeur et le débit d’eau à sa sortie. L’eau s’écoule du lac par un cours d’eau nommé exutoire, émissaire ou décharge.

Les différentes parties d’un lac

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(JPG)La zone littorale est une bande faisant le tour du lac généralement recouverte de végétation. Elle s’étend vers l’intérieur du lac. Il s’agit d’un milieu très productif où l’on retrouve les plantes aquatiques, les frayères, etc. Cette partie du lac est influencée à la fois par la lumière et par son fond (constitué de sédiments).

La zone pélagique (ou zone d’eau libre) est indépendante du fond et du littoral du lac.

La zone benthique (ou eaux profondes) est la zone où vivent les organismes associés au fond du lac. La lumière n’y pénètre pas. À cet endroit, les eaux du lac sont généralement plus froides (environ 4 °C).

La fosse correspond à la partie la plus profonde du lac.

Les différentes couches d’eau d’un lac
Durant la période estivale, l’eau de la majorité de nos lacs se divise en trois couches (stratification thermique).

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Les eaux de surface (épilimnion) représentent la couche d’eau superficielle où la lumière pénètre et permet la croissance des végétaux aquatiques. Puisqu’elle subit le brassage par les vents, cette couche d’eau possède une température uniforme et une bonne oxygénation. En été, cette couche contient l’eau la plus chaude du lac.

Sous les eaux de surface, on retrouve la thermocline (métalimnion) qui désigne la couche d’eau où il y a une chute importante de température.

Finalement, les eaux profondes (hypolimnion) constituent la couche inférieure de l’eau d’un lac. Cette couche conserve une température basse et peu variable, soit autour de 4 °C. Il est à noter que certains de nos lacs peu profonds ne sont pas stratifiés de la sorte et possèdent plutôt des eaux d’une température relativement uniforme.

Les rives d’un lac 
Aux fins de la Politique de la protection des rives, du littoral et de la plaine inondable, la rive est la partie du milieu terrestre attenant à un lac ou à un cours d’eau. La rive assure la transition entre le milieu aquatique et le milieu strictement terrestre. Elle permet le maintien d’une bande de protection de 10 ou 15 mètres de largeur sur le périmètre des lacs et cours d’eau. La rive est mesurée en partant de la ligne des hautes eaux vers l’intérieur des terres.

La largeur de la rive à protéger se mesure horizontalement à un minimum de 10 mètres si la pente est inférieure à 30 % avec un talus de moins de 5 mètres et un minimum de 15 mètres si la pente est supérieure à 30 % avec un talus de plus de 5 mètres (L.R.C., c Q-2, art.2.2).

On appelle également bande riveraine la zone de végétation qui entoure les lacs et leurs tributaires. La bande riveraine constitue la dernière barrière de protection des plans d’eau. En effet, les arbres, les arbustes et les plantes herbacées qui la constituent, freinent et filtrent les intrants, juste avant que ceux-ci n’atteignent les plans d’eau.

*Goupil, J.-Y. (1997) Protection des rives, du littoral et des plaines inondables : Guide des bonnes pratiques. Environnement et Faune, Québec, 160p.

Les lacs peuvent être décrits de différentes manières. Nous procéderons par comparaison, une méthode simple, malgré les limites qui y sont inhérentes. Un lac diffère généralement d’un étang d’abord par sa grandeur et sa profondeur. Un étang est une petite étendue d’eau, peu profonde, de sorte que les plantes croissent même en son centre et que la température de l’eau y est assez uniforme, de la surface jusqu’au fond. Parallèlement, les lacs sont des étendues d’eau plus grandes (bien que la majorité des lacs de notre région aient une surface inférieure à 1 km2) et plus profondes, les plantes sont ainsi limitées au littoral, car la lumière ne pénètre que les premiers mètres d’eau. L’eau d’un lac, sous nos latitudes, est thermiquement stratifiée et la température de l’eau varie grandement entre la surface et le fond. De plus, en dehors des brassages printaniers et automnaux, l’eau des premiers mètres de la surface (épilimnion) ne se mélange pas à celle plus profonde (hypolimnion). Ceci dit, dans certains cas, il est impossible de qualifier un plan d’eau de lac ou d’étang, car il n’existe pas de définitions indiscutables et unanimes. Les habitants d’une région nomment souvent " lac " ce qui devrait plutôt être qualifié d’étang, de réservoir ou de rivière (par exemple, l’élargissement d’une rivière est-il un lac?).

Qu’est-ce qu’un écosystème? (JPG)
L’écosystème est l’unité de base qui permet aux scientifiques d’étudier les liens qui existent, d’une part, entre les organismes vivants et, d’autre part, entre ceux-ci et leur environnement physique. Ainsi, un écosystème est un milieu naturel où les interactions entre les espèces et les facteurs physico-chimiques peuvent être observées et décrites. Une simple goutte d’eau contenant des éléments nutritifs (azote, phosphore, oxygène, etc.) et supportant une population de micro-organismes peut être considérée comme un écosystème.

Les écosystèmes aquatiques
Les écosystèmes aquatiques abritent des communautés vivantes qui dépendent de l’eau pour puiser leur nourriture, se reproduire, se cacher ou se déplacer. Certains spécialistes considèrent que tous les milieux qui ne sont pas strictement terrestres peuvent être considérés comme des écosystèmes aquatiques. Cependant, on réserve ici cette appellation pour les milieux normalement submergés de façon permanente, notamment les lacs et les cours d’eau. Selon leurs caractéristiques physico-chimiques, ces écosystèmes se subdivisent en plusieurs types d’habitats pour les communautés de plantes et d’animaux.